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A Définitions

Adelphité

Adelphité, nom masculin, néologisme. Qui est issu·e des mêmes parents. Grossièrement, solidarité entre frères et sœurs. Il remplace, de manière plus neutre et inclusive, les termes sororité et fraternité.

L’adelphité qu’est-ce que c’est ?

« L’adelphité désigne des relations solidaires et harmonieuses entre êtres humains, femmes et hommes. »  nous dit Florence Montreynaud, écrivaine, historienne, linguiste. C’est un mot qui nous vient du grec et qui est utilisé, à l’origine, en botanique. Il veut alors dire “Dont les filets sont soudés en un ou plusieurs faisceaux ». Adelphité c’est donc un joli mot pour parler du fait que nous, les êtres humains, sommes tous « de la même famille ». Puisque nous sommes liés, nous nous devons bienveillance, empathie et entraide les un·es envers les autres. Un adelphe est donc un « frère »  ou une « sœur » (ou autre) au sens propre ou figuré. Le mot adelphie peut aussi remplacer le mot « fraterie » lorsque tu parles de tes « frères ET soeurs ». Le mot adelphe, qui a toujours fait partie du vocabulaire français, est de plus en plus utilisé dans certains milieux pour éviter de genrer un groupe mixte : une équipe de sport, un groupe d’ami·es, une même communauté : des gens proches qui font partie d’une même « famille ». Ça veut notamment dire que tu t’associes à quelqu’un·e pour vos points communs et non vos différences.

Liberté, égalité, adelphité

Sauras-tu retrouver l’erreur qui se cache dans ce titre ? C’est une bonne manière de te montrer ce que veut dire le mot adelphité, en contexte. En fait, il veut dire la même chose que le mot fraternité lorsque tu le croises dans sa forme la plus neutre. Alors pourquoi choisir le mot adelphité plutôt que fraternité ? Bien que le mot fraternité se veuille universel (le fameux masculin supposément neutre de la langue Française), il est, de par son étymologie, un peu excluant. Il invisibilise la notion de sororité et les humains qui ne sentent ni homme ni femme. Tu l’auras sûrement remarqué, mais on aime bien être plus inclusives que ce que le Français de 1958 (date à laquelle la fameuse devise a été décidée) le permet. On a aimé découvrir ce mot qui n’est pas genré pour parler de l’entraide et de la bienveillance dont nous devons faire preuve entre êtres humains. Ça veut dire « nous sommes citoyen·nes, quelque part nous sommes sœurs, nous sommes frères. »

Flemme. Pourquoi je devrais être cool avec tout le monde ?

Disons que, par défaut, c’est quand même plus sympa d’être solidaires et bienveillant·es envers tout le monde. Mais ça peut aussi concerner des groupes de personnes spécifiques. C’est faire preuve d’esprit d’équipe, de cohésion et de considération envers les gens avec qui tu partages des choses. L’expérience commune, ça rapproche. Par conséquent, ton niveau de solidarité s’adapte à ton niveau de proximité avec un·e tel·le. L’adelphité fait appel à ton sens du commun et à ton empathie, notamment en cas de coup dur. C’est, par exemple, intégrer le·a nouvel·le élève de la classe, même si tu n’as pas « besoin » de nouveaux potes. Toi aussi tu a déjà été nouvelle·au quelque part, tu sais que c’est pas évident. À une autre échelle, ça peut être participer à une Banque Alimentaire pour tes concitoyen·nes sans abri. C’est important de montrer son soutien aux personnes qui en ont besoin. Ces personnes, qui pourraient être toi. L’adelphité se moque un peu de tes affinités. Tu peux être solidaire avec ton·a pote du foot dans des circonstances particulières même si, au-delà de ça, tu ne l’aimes pas beaucoup. Pour Jacques Attali, « On peut définir l’adelphité* comme un ordre social, dans lequel chacun aimerait l’autre comme son propre frère. […] La fraternité est un but de civilisation, pas un état de nature ». (*ok il avait dit fraternité lui)

Est-ce que c’est pour ça que mes potes je les appelle « frère » ? 

Entre autres ! L’expression , nous vient des Etats-Unis et de la culture hip-hop des années 1980 (« brother »). Dans les milieux populaires, avec des communautés très fortes, on se sert les coudes. Le sentiment d’appartenance est important, on est une grande famille et c’est une manière de l’exprimer. Si le rap francophone a largement répandu le terme, l’utilisation est toujours la même. L’utilisation du mot frère a toutefois plusieurs utilisations qui illustrent assez bien le sentiment d’adelphité. Ça peut être pour parler de tes ami·es très proches, tous genres confondues (parfois remplacé par soeur). Ça peut aussi être une manière de renforcer ce lien fraternel entre mecs, son identité « virile ». Mais ça peut aussi être une manière d’amadouer quelqu’un·e de moins proche pour faire appel à son sentiment d’appartenance. 

Pourquoi tout le monde se met à parler de sororité ? 

Il y a encore peu de temps, pour beaucoup, la sororité n’évoquait que les maisons Alpha et Oméga Chi remplies de meufs des universités américaines. Le principe est pas super différent : c’est des meufs qui s’entraident parce que ce sont des meufs, peu importe le reste. Aujourd’hui c’est un terme très employé pour parler de solidarité féminine. Les personnes qui se battent pour les droits des femmes, contre les violences (conjugales), et plus généralement pour l’égalité, font appel à la sororité. D’ailleurs, là aussi, le mot adelphité est de plus en plus employé pour inclure les personnes queer et non-binaires qui subissent les mêmes discriminations. Faire preuve de sororité c’est se reconnaître entre femmes et se dire « tu es comme ma sœur, je te crois, je te soutiens, on se protège ». C’est une manière de faire front devant le manque de soutien de la part des hommes ou de l’Etat à l’égard des problèmes qui concernent les femmes, et particulièrement ceux dont ils sont à l’origine. Bref, ça va de paire avec les nombreux courants féministes qu’il y a en ce moment.

La team Brio ados

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