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Définitions F

Fast fashion

Fast fashion, nom féminin, anglicisme.
Traduit en Français par “mode éphémère ». Partie de l’industrie du prêt-à-porter dont le but est de renouveler au maximum ses collections, en produisant des vêtements de qualité médiocre, à bas coûts, pour inciter à l’achat.

C’est quoi la fast-fashion ?

Pour comprendre comment fonctionne la fast fashion, il faut comprendre comment on fabrique et vend un vêtement. Ça comprend plein d’aspects :

  • La provenance des matières (naturelles, synthétiques, recyclées, recyclables …)
  • La fabrication (où, par qui, à quel prix ?)
  • La qualité (est-ce que le vêtement dure longtemps, est-ce qu’il est réparable et/ou recyclable?)
  • La vie après l’achat
  • Les conditions de vente (gestions des magasins, des vendeur·se·s, des soldes etc.)

Les marques de fast-fashion cherchent à vendre le plus de vêtements possibles et à créer le besoin d’acheter chez leur clientèle. Pour ça, il faut fabriquer très rapidement beaucoup de vêtements pour pas beaucoup d’argent. Et comme pour (presque) tout dans la vie : vite fait = mal fait. En général vite = mal fait = tu retournes en acheter. Et comme il y a constamment des nouveautés, les marques suscitent en plus, l’envie de nouvelles choses à grands coups de marketing. Pour une marque classique de prêt-à-porter, on compte 2 à 4 collections par an contre 30 à 60 pour les marques de fast-fashion. C’est un modèle qui a explosé dans les années 1990 et 2000 et qui fonctionne très bien… pour les marques.

On va pas te mentir, il y en a énormément et ce sont probablement tes préférées : H&M, Zara, Mango, Celio, Kiabi, C&A, Asos, SheIn, Pretty Little Things, Gap, Uniqlo… Bref tous les magasins de vêtements pas très chers que l’on trouve partout, partout, partout.

C’est quoi le problème ?

On est tenté·es de se dire que des vêtements pas chers c’est cool. Certes. Mais une mode aussi peu chère a un coût “invisible” énorme, à la fois humain et environnemental. En plus, ça nous habitue à avoir beaucoup de vêtements qu’on paie à un prix dérisoire, et qu’on achète de manière un peu compulsive. Attention, ça ne veut pas dire que plus un vêtement est cher, mieux il est fabriqué. Ça veut surtout dire qu’un t-shirt neuf ne devrait pas coûter 4 euros.

Dans le monde, 100 milliards de vêtements neufs sont vendus chaque année et selon une étude effectuée sur 20 pays (Movinga 2018), on ne porte que 32% de sa garde-robe en un an. En France, 600 000 tonnes de vêtements sont mises sur le marché chaque année, soit 2,5 milliards de pièces. En moyenne, une personne achète 60 % de vêtements en plus qu’il y a 15 ans et les conserve moitié moins longtemps. On jette l’équivalent d’une benne de camion par seconde, remplie de vêtements.


L’impact environnemental

Le secteur de la mode est l’une des industries les plus polluantes au monde. Certain·es disent la deuxième, mais c’est très difficile de classer. Il faut énormément de ressources pour produire un vêtement, des ressources que l’on ne peut pas se permettre de gâcher.
Qu’est-ce qui pollue dans un vêtement? 

  • La matières premières : On a d’un côté les matières naturelles (lin, laine, coton, chanvre, cuir etc.) qui demandent beaucoup d’eau pour leur production. Par exemple, il faut 2 500 litres d’eau pour produire un t-shirt en coton (en moyenne). De l’autre, il y a les matières fabriquées. Les plus utilisées sont très polluantes (dérivées du pétrole), comme le viscose, le Lycra, le Nylon, l’Élasthanne, l’Acrylique. 
  • Les teintures chimiques qui se déversent dans l’eau et consomment beaucoup d’énergie à extraire ou fabriquer. On estime à 20% la part de pollution de l’eau due à la teinture et au traitement des textiles.
  • Le transport : les grandes marques délocalisent la production dans des pays où la main-d’œuvre est la moins chère. Si on ajoute à ça la provenance de la matière première, la fabrication des tissus, un vêtement peut faire beaucoup de trajet avant d’atterrir dans le Zara du coin. Par exemple, un jean parcourt en moyenne 65 000 km avant d’arriver à destination, soit 1,5 fois le tour de la terre
  • L’utilisation : les géants de l’industrie fabriquent souvent mal les vêtement : matières peu résistantes et finitions bâclées. Tes vêtement s’abîment vite, déteignent, les boutons lâchent, les mailles se trouent, les pulls boulochent etc. Donc tu ne les gardes pas longtemps et les jettes facilement. De plus, toutes les matières issues du pétrole libèrent des micro-fibres de plastique dans l’eau et contribuent à sa pollution à chaque lavage. 
  • La fin de vie : Un vêtement de mauvaise qualité ne se recycle pas bien, voire pas du tout et ne se répare pas. Aujourd’hui, seulement 10% des textiles sont recyclés, et 80% sont jetés aux ordures ménagères, brûlés ou enfouis par certains magasins, qui ne savent pas quoi faire de leurs stocks restants… 
L’impact humain

Aujourd’hui, les ouvrier·es du textile travaillent majoritairement en Asie du Sud où les salaires sont les plus bas du monde et le droit du travail peu régulé. Les personnes qui fabriquent les vêtements (teinture, couture, assemblage) travaillent dans des conditions éreintantes, elles ont très peu de droits, pas de repos. De plus, certains procédés de teinture, de délavage etc. utilisent des produits hautement toxiques, qui rendent les ouvrier·es malades et mettent leur vie en danger.

Et même si en Occident, ça dépend des boutiques et des pays, tu peux imaginer que la quête incessante du profit, ne rend pas le travail de vendeur·se des plus agréables dans les grands magasins. 

On en profite pour te rappeler que beaucoup de marques de fast-fashion sont également impliquées dans l’affaire des camps Ouïghours, qui exploitent et violentent des travailleur·ses musulman·es en Chine. Certains pays (pas encore la France) se sont engagés à interdire ou réguler/ réglementer l’importation de produits issus des usines concernées.

J’aime bien m’habiller, je fais comment pour éviter la fast-fashion

On vient de te dresser un bilan un peu déprimant des dessous de l’industrie de la mode. Déso (pas déso). Mais tout n’est pas perdu. C’est tout à fait possible de refuser de participer et de trouver des alternatives. On change toute sa garde-robe d’un coup ? Non ! On achète moins (peu) et mieux. Il y a déjà beaucoup, beaucoup de vêtements disponibles sur cette terre et (yeay) la mode est cyclique. Va te balader chez Emmaüs, Guerrisol, sur le site Vinted, sur les friperies en ligne ou en boutique tu trouveras des fringues plus uniques que le top H&M que tout le monde porte. En plus, tu peux y trouver de belles marques à des prix abordables. (Penses-y aussi quand tu fais des cadeaux).

Essaie également de trouver des pièces intemporelles, faciles à mélanger, avec lesquelles tu peux faire plusieurs tenues cools, et quelques pièces plus originales. Mais évite les pièces dont tu seras lassé·e dans un mois et qui encombreront ton placard. Pour les occasions spéciales ou les envies passagères, pense à la location, il y a de plus en plus de sites qui proposent des vestiaires partagés. 


Les bons réflexes à avoir quand tu achètes un vêtement

  • Regarder les matières. Aujourd’hui on fabrique des belles matières recyclées ou écologiques comme le Tencel, le Lyocell, le Modal et on trouve des cotons et laines bio. Le chanvre, le lin, le jute sont aussi à préférer. 
  • Regarder la provenance. En Europe pour le trajet c’est le mieux, mais il y a aussi des usines respectueuses de leur travailleur·euses ailleurs. Ça vaut aussi pour les sites de seconde main (essaye de trouver les vendeur·euse en France).
  • Reconnaître une pièce de qualité. On peut reconnaître une matière qui va durer et les marques qui y font attention (tissu épais, belles finitions etc). Ex: un pull avec un bon % de laine tiendra plus chaud et se gardera plus longtemps qu’un pull en viscose. Te fais pas avoir par les marques qui te font miroiter des matières pseudo luxueuses, il y a des cachemire de très mauvaise qualité par exemple.
  • Connaître les marques à éviter.
  • Se renseigner sur les marques que tu découvres

Si tu veux du neuf, tourne-toi vers les marques éthiques et éco-responsables, il y en a de plus en plus. Ce sont des marques un peu plus chères, qui produisent des vêtements durables, de qualité, indémodables, avec de petites collections. Il y en a même qui font de magnifiques fringues upcylcées (recycler en valorisant) avec d’anciens modèles. Le but c’est de s’offrir une belle pièce de temps en temps, que tu garderas longtemps. Il y a même des revendeurs comme Wedressfair, qui font le tri pour toi entre marques éco-responsables et green-washing.

Le greenwashing, qu’est-ce que c’est ?

Le greenwashing est une méthode marketing qui vise à faire croire qu’une marque est soucieuse de son impact environnemental pour déculpabiliser l’acheteur·se et vendre plus. C’est une méthode que les multinationales utilisent beaucoup lorsqu’elles sont épinglées pour leurs pratiques peu écoresponsables. Elles essaient de se donner une meilleure image en attirant l’attention sur une initiative « verte”. Et continuent ainsi le reste de leurs activités polluantes. Par exemple, la collection en coton recyclé de H&M. Même si cette collection est probablement mieux que les autres, il vaut mieux boycotter la marque. Et te tourner vers des marques plus honnêtes. C’est parfois juste de la poudre aux yeux en utilisant des mots empruntés aux marques plus responsables.

Fais attention, par exemple, au “made in France”  qui n’est pas un vrai label. Il suffit que la marque réalise une étape (le dessin du vêtement par exemple) en France pour coller l’étiquette. On se rend compte en cherchant que les promesses annoncées ne sont pas tenues. Ou que les infos ne sont pas vérifiables (aucun label, toutes les infos cachées etc.)

Je fais quoi de mes vêtements usés, démodés, trop petits, que j’aime plus ? 

Tu es à un âge où tu grandis sûrement encore un peu, tes goûts et la mode changent vite. On comprend. En règle générale, tu peux déposer tous les vêtements que tu ne portes plus dans des conteneurs relais, ils seront triés pour être donnés ou recyclés. Surtout ne les jette pas à la poubelle ! Tu peux aussi essayer de revendre ceux en bon état pour te faire un peu d’argent de poche. Et avant de les jeter, essaie de réparer ceux que tu adores, ou de les customiser pour les remettre à ton goût. Il y a aussi des retoucheur·ses et cordonnier·es prêt·es à réparer tes vêtements préférés.

Pour éviter de trop acheter, une bonne règle à avoir en tête : un vêtement qui rentre = un qui sort. Si tu n’en sors aucun, c’est que tu n’en as pas besoin. Si tu te perds dans ton placard, on te conseille la méthode des cintres. Tu mets tous les vêtements de ta penderie sur des cintres dans le même sens (ou sur un côté de ton placard), dès que tu les portes une fois tu les mets dans l’autre sens (ou de l’autre côté de ton placard). À la fin de l’année, tout ce qui n’a pas bougé, a priori, tu n’en as pas besoin, tu peux le donner/vendre.

Le témoignage de Nine qui vous explique sa transition vers l’habillement éthique depuis quelques années

La team Brio

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