claudette colvin brio
Portraits

Claudette Colvin

Claudette Colvin, tu connais ?

Nous sommes à Montgomery, Alabama, en 1955 alors que les lois Jim Crow assurent la ségrégation raciale dans les États du Sud des États-Unis. Dans les transports en communs, les places sont attribuées en fonction de la couleur de peau. Les premières places sont réservées aux personnes blanches, les autres sont réservées aux personnes noir·es. Toutefois, une personne blanche ne peut pas rester debout.

Alors qu’elle n’a que 15 ans, Claudette Colvin, jeune militante noire, refuse de laisser sa place à une femme blanche, le 2 mars 1955, dans le bus de retour de l’école. Elle ne se lève tout simplement pas. À l’époque, ça veut dire risquer sa vie puisqu’il n’était pas rare que les chauffeurs armés, fassent eux-même la loi. Cette fois-ci, le chauffeur appelle la police, qui l’embarque. Elle n’a alors, en théorie, pas d’autre choix que de plaider coupable et de payer son amende. Comme d’autres l’avaient déjà fait avant elle. Mais Claudette, décide de plaider non coupable et de se retourner contre la ville, qu’elle poursuit en justice.  Elle dira plus tard qu’elle était motivée par son études de la Constitution au lycée, ce jour-là, invoquant ses droits civiques. Elle a alors trois chefs d’accusation contre elle : trouble à l’ordre public, violation des lois de ségrégation et agressions contre les forces de l’ordre. Il faut savoir que le dernier chef d’accusation est faux : à l’époque, on fait venir témoigner n’importe qui, contre les personnes noires, même des témoins absents lors des faits. Claudette fait appel. Ell est aidée de Rosa Parks, militante depuis 20 ans, qui collecte des fonds pour payer son avocat et sa caution. Lors du second procès, les deux chefs d’accusation qui pèsent sur elles et qui auraient dû amener le procès au niveau fédéral, c’est-à-dire mener à une peine de prison, sont retirés. Alors que les leaders locaux noires voient dans cette affaire l’occasion parfaite pour faire avancer la lutte contre les lois ségrégationnistes jusqu’à la Cour Suprême, Colette Colvin est jugée trop instable, trop jeune, trop noire, pour porter le combat. Il faudra attendre que Rosa Parks mime son acte 9 mois plus tard pour que la lutte progresse. Rosa Parks, qui a alors 40 ans, est mariée, propre sur elle et recense tous les actes racistes commis à Montgomery et ses alentours depuis des années. Elle est la figure parfaite à laquelle l’Amérique puritaine noire peut s’identifier et que la blanche veut bien intégrer. Si l’Histoire a un peu oublié Colette Colvin jusqu’au XXIe siècle, aujourd’hui les historiens et les historiennes s’accordent sur le fait qu’elle posa les premières pierres à l’édifice de l’abolition des lois Jim Crow.

Jette un œil à ces articles aussi !