Régimes alimentaires
Définitions R

Régimes alimentaires

Régime alimentaire, nom masculin. Façon de s’alimenter et de se nourrir pour les êtres vivant·es. Il existe trois principaux types de régime dans la nature : végétarien, carnivore et omnivore. Mais pour les êtres humains qui sont omnivores de base, il en existe beaucoup plus. 

Tu l’auras compris, ici on ne va pas parler de diète ou d alimentation pour perdre du poids. On va se concentrer sur les différentes façon de s’alimenter selon les personnes.

Régime alimentaire et santé 

Plusieurs régimes alimentaires viennent d’une nécessité thérapeutique. Certains ont pour but de réduire les impacts d’une pathologie particulière comme le diabète, le cholestérol ou l’hypertension. D’autres sont une nécessité, en cas d’allergies ou de fortes intolérances à un aliment. Le plus souvent au gluten et au lactose. Seul·e un·e médecin peut t’expliquer, au cas par cas, la marche à suivre, si ça t’arrive.

Allergies et intolérances, quelles différences ?

Attention, allergies et intolérances sont déjà deux choses différentes. Une allergie à un aliment va provoquer une réaction immédiate dont les complications peuvent être très graves, voire mortelles. Elle peut se manifester par des symptômes respiratoires, cutanés ou digestifs et survenir à tout âge (généralement pendant l’enfance). Une intolérance, quant à elle, peut passer inaperçue pendant des années. Elle se caractérise en général par des réactions digestives de type inflammatoire. Certains symptômes peuvent être similaires aux allergies mais de moins grande importance. On retrouve des maux de ventre, nausées, vomissements, gaz, ballonnements, diarrhées ou au contraire une constipation. D’autres signes comme les maux de tête, la fatigue et une sensation de malaise y sont parfois associés.

Les intolérances sont à prendre au sérieux. Il est en général difficile de réussir à identifier soi-même quel·s aliment·s est·sont la source du problème. Si tu as un doute tu peux consulter ton·a médecin qui saura t’orienter soit vers un gastro-entérologue soit vers un laboratoire pour faire des tests. Les plus fréquentes sont celles liées au gluten et au lactose. 

  • L’intolérance au lactose qu’est ce que c’est ? 

Le lactose, c’est le sucre du lait qui une fois passé dans l’intestin grêle se trouve dégradé par une enzyme appelé lactase. C’est lorsque la lactase est trop basse que le lactose s’accumule dans le gros intestin et entraîne les symptômes de l’intolérance : flatulences, douleurs et diarrhées… 15 à 20% de la population française en serait touchée à différent degrés. 

  • L’intolérance au gluten qu’est ce que c’est? 

Le gluten est une protéine présente dans la plupart des céréales : le blé, le seigle, l’orge, le froment, l’avoine et l’épeautre. L’intolérance au gluten est une maladie de l’intestin qui se manifeste quand l’organisme ne le tolère plus. Une fois attestée, elle est appelée maladie coeliaque. Elle entraîne une destruction des cellules de la paroi de l’intestin et peut évoluer vers des complications comme de l’ostéoporose ou encore en anémie. Cette intolérance se déclenche en général à l’âge adulte

De nombreuses personnes pensent être intolérantes sans avoir bénéficié d’un diagnostic précis. Or la maladie cœliaque requiert un diagnostic fiable au moyen de plusieurs examens comme le dosage d’anticorps et la fibroscopie.

Par ailleurs, il faut avoir conscience que notre corps n’est pas adapté à tous les produits transformés que l’on consomme depuis l’industrialisation de l’alimentation. C’est-à-dire que si tu remarques des troubles digestifs c’est peut-être pas le gluten, mais le gluten transformé que tu supportes mal (pain de mie, gâteaux industriels, plats préparés etc.) Essaie d’aider chez toi pour les repas et d’encourager l’achat de produits frais à cuisiner quand c’est possible.

Face aux intolérances alimentaires, l’adoption d’un nouveau régime dans lequel sont supprimés les aliments qui contiennent cette substance est essentiel. C’est le meilleur moyen d’éviter les troubles digestifs. 

Attention, les carences engendrées par différentes formes de régimes alimentaire (végétarien, végan, sans gluten, sans lactose ou autres)  sont à prendre au sérieux. Il est important, lors d’un changement d’alimentation, d’être à l’écoute de son corps, d’être attentif à ses réactions, ses évolutions et d’en parler à son·a médecin afin d’anticiper toute difficulté. 

On reprend les bases, l’être humain est omnivore!  

L’être humain·e est omnivore car son système digestif lui permet de digérer des aliments végétaux et animaux. Il peut donc sans problèmes consommer tous types d’aliments : viande, produits de la mer, produits d’origine animale, céréales et végétaux. En fait, être omnivore c’est manger de tout, avoir une alimentation variée et équilibrée

À partir de là, selon la disponibilité des produits, pour des raisons de santé, de croyances, de goût et d’envie, les êtres humain·es ont créé le très grand nombre de régimes alimentaires qui existent de nos jours. Depuis plusieurs années, de nombreuses personnes s’éloignent de ce régime par conviction ou plaisir, consommant à l’excès certains aliments, devenus très disponibles grâce à l’exploitation et l’agriculture intensive. Tandis que certaines personnes deviennent presque carnivores en surconsommant de la viandes et du poissons, d’autres se tournent vers une alimentation dite flexitarienne, voire végétarienne. C’est-à-dire à grandement diminuer, voire supprimer, les produits animaux de leur alimentation pour retourner vers un régime plus omnivore. 

Être végétarien ça implique quoi? 

Être végétarien·ne c’est exclure la viande, le poisson et les fruits de mer de son alimentation. La consommation de produits de provenance animale comme les oeufs et les produits laitiers est, elle, autorisée. On appelle ça l’ovo-lacto-végétarisme. Le principe c’est d’exclure la consommation d’êtres vivants. 

Il existe plusieurs déclinaisons du régime végétarien qui sortent un peu de ce cadre: 

  • Pesco-végétariens ou pescitarisme qui autorise la consommation de poissons et crustacés.
  • L’ovo-végétarisme qui autorise la consommation d’oeufs mais pas des produits laitiers. 
  • Le lacto-végétarisme qui à l’inverse de l’ovo-végétarisme n’autorise pas la consommation d’oeufs mais celle de produits laitiers. 

Tu as peut-être déjà entendu cette idée qui dit que le régime végétarien serait contre nature pour l’être humain car il entraînerait de nombreuses carences pour le corps humain. Il s’agit d’une idée reçue. En effet, si le régime végétarien est bien équilibré et comprend donc légumes mais aussi légumineuses, glucides etc. en bonne proportions, alors il n’y aura pas de vraies carences causées par le manque de viande. À part éventuellement en acides aminées et en fer. Concrètement, on retrouve dans un régime végétarien les vitamines C (fruits et légumes), D (soleil, produits laitiers), E (huiles végétales, son de blé) et K (légumes verts, laitages) en bonne quantités. Pareil pour la provitamine A (dans les tubercules et racines) et les vitamines B ( légumineuses, céréales, noix) à l’exception de la B12.

La vitamine B12 est responsable, entre autre, du renouvellement cellulaire. Elle ne se trouve que dans les produits d’origine animale : la viande, les fruits de mer, le lait et les oeufs. C’est pourquoi selon la forme du régime végétarien ou végétalien (on en parlera après) suivi, la personne se retrouvera potentiellement carencée. Mais cette vitamine B12 existe en complément alimentaire. Il suffit d’anticiper cette carence par un apport régulier de B12 en gélule. Il en va de même pour le fer qui se trouve principalement dans la viande et qu’on ne retrouve qu’en partie dans les légumineuses. Si tu es végétarien, fais attention à suffisamment compenser ces pertes en en parlant avec ton·a médecin. 

Et les flexitariens alors ? 

Ce terme a été inventé en 2009 par le diététicien Jackson Blatter. Il souhaitait conceptualiser  ce mode d’alimentation plus “flexible” qu’un régime végétarien classique. En gros, être flexitarien·ne c’est faire un compromis entre une alimentation végétarienne et une alimentation omnivore. Il s’agit donc d’adopter un régime végétarien la plupart du temps tout en s’autorisant la consommation de viande ou de poisson de manière ponctuelle

Le régime flexitarien est souvent une première étape de transition vers un régime végétarien. Mais c’est aussi un bon compromis pour les personnes souhaitant simplement réduire leur consommation de viande. Que ce soit pour des raisons écologiques ou de santé mais qui ne souhaitent pas la supprimer totalement. 

C’est quoi la différence entre végétalisme et véganisme? 

À la différence du végétarisme qui consiste à ne pas manger d’êtres vivants, le végétalisme exclut tous les produits d’origine animale de sa consommation (produits laitiers animaux, oeufs, miel, cuir …). On parle donc ici d’un régime basé sur des protéines végétales : légumes, légumineuses, noix, fruits etc. Comme pour le régime végétarien, le végétalisme entraîne des carences en B12, acides aminés et en fer. 

Le véganisme lui c’est un régime alimentaire mais aussi un style de vie. Son principe est simple : l’absence d’usage de produits animaux dans la vie quotidienne. Concrètement les végans ne consomment pas de produits d’origine animale. Ils ne portent pas de vêtements issus de leur exploitation, n’utilisent pas de cosmétiques ou produits ménagers testés sur animaux ou à base d’animaux etc. À ces restrictions s’ajoutent aussi le boycott d’activités qui exploitent les animaux comme les tours de poney, calèche, les zoos, les cirques avec animaux, les aquariums, monter à dos de dromadaire, les tours à dos d’éléphants etc. Toutes autres activités récréatives ou touristiques qui se basent sur l’exploitation animale et ne respecte pas l’indépendance, l’intégrité physique de ces derniers

La personne vegan est une personne militante pour les droits des animaux. Elle appuie son combat par un boycotte complet de l’exploitation animale.  

Régime alimentaire et sport: 

Lorsque quelqu’un·e pratique du sport à haut niveau, un régime alimentaire spécifique est généralement nécessaire. En effet, chez le·a sportif·ve une mauvaise alimentation peut avoir de nombreuses conséquences. Que ce soit une baisse de performance, un manque d’énergie, une mauvaise récupération, un risque de blessure, de l’hypoglycémie etc. Lorsque l’on fait du sport, les dépenses en énergie du corps augmentent grandement. Par conséquent il est nécessaire de compenser avec l’alimentation. Selon le sport, un type d’alimentation sera à privilégier par rapport à un autre ainsi que la quantité. On ne va pas rentrer plus en détails ici car chaque sportif·ve a des besoins spécifiques. Il faut juste retenir que le sportif doit avoir une alimentation équilibrée, adaptée à sa dépense énergétique et à son objectif sportif. 

Certain·es sportif·ves pour des compétitions vont devoir perdre rapidement de la graisse, faire de la “sèche”. Ce régime pauvre en glucide s’appelle le régime cétogène. Attention, c’est un régime alimentaire qui ne peut être que temporaire! Il est très déséquilibré et le maintenir sur une longue période entraîne des dangers pour la santé !

Régime alimentaire et religion : 

Pour une partie de la population mondiale, le choix d’un régime alimentaire va être influencé par les croyances philosophiques, spirituelles ou religieuses. Il existe de très nombreux groupes concernés mais on ne va parler ici que des plus importants en terme de population concernée. 

  • Les musulmans et les prescriptions alimentaires islamiques. Le régime alimentaire des musulmans est composé d’aliments exclusivement halal donc autorisés par l’islam. Dans les aliments dits haraam, donc interdits par l’islam, on retrouve l’alcool, le porc et toute viande qui n’a pas été tué selon le rituel d’abattage islamique. 
  • Les hindous et jaïns, adeptes de l’hindouisme et du jaïnisme. Selon le principe de l’ahimsa qui signifie littéralement « non-violence », et plus généralement « respect de la vie » suivent un régime lacto-végétarien
  • Les juifs et la nourriture permise sous Kashrut, l’ensemble des lois alimentaires juives aussi appelée casher. Toutes les espèces animales ne sont pas autorisées à la consommation comme le porc et produits de la mer sans écailles. Interdiction de mélanger viande et lait. La viande doit provenir d’animaux abattus selon une procédure particulière. Les fruits, légumes et céréales sont cashers par nature mais les vins et jus doivent être certifiés cashers. La certification casher à lieu sous la surveillance d’un·e rabbin·e ou d’une agence spécialisée Kashrut.

Ce ne sont là que quelques exemples de régimes alimentaires liés à la pratique religieuse. Il en existe de nombreux autres plus ou moins contraignants. Si tu es religieux·se, à toi de suivre ou non (et avec le rigorisme que tu veux) le régime de ta religion.

Mais du coup, pourquoi choisir de changer de régime alimentaire si on a le choix ? 

Et bien, quand ce ne sont pas pour des raisons de santé ou religion ce sont pour des raisons d’éthique, des convictions et une préoccupation pour l’avenir de l’être humain et de la planète.

Tu peux faire le choix de supprimer certains produits en raison des conditions de production et d’exploitation, de la souffrance de l’animal dans les élevages mais aussi lors de l’abattage etc. Tu peux supprimer ces aliments pour des raisons de santé, l’impact du produit sur le corps. Ça peut être aussi suite aux gros scandales sanitaires que connaît cette industrie agro-alimentaire. Ou encore changer de régime pour réduire ton impact environnemental, préserver les ressources, préserver la biodiversité et réduire l’impact sur le changement climatique. Enfin certains choisissent d’en changer dans un soucis de risques sanitaires collectifs. On parle ici des pénuries alimentaires liées à l’exploitation intensive locale, de maladies animales transmissibles à l’homme comme la vache folle ou H1N1(on appelle ça zoonose) etc. 

Les raisons de changer de régime alimentaire sont multiples et spécifiques à chaque personne. Retiens bien que manger de tout c’est quand même plus simple dans la vie de tous les jours.  Ce n’est pas toujours par plaisir ou simple provocation que l’on fait le choix d’un nouveau régime alimentaire plus restrictif. Ce sont des choix de vie auxquels il faut bien réfléchir avant de te lancer ou en tout cas il faut être vraiment motivé·e. Retiens bien malgré tout que ce n’est pas définitif et que tu peux choisir de te lancer dans un régime particulier par conviction mais que si tu n’y arrives pas pleinement ce n’est pas grave. Tu peux toujours changer d’avis si ça ne te convient pas ! Le tout c’est d’essayer et d’être en accord avec toi même. 

Et comment je fais si je veux changer de régime alimentaire et que je vis chez mes parents

Si jamais tu décides de changer de régime alimentaire, la première étape c’est d’en parler avec eux. Explique leur tes motivations, montre leur que tu es capable d’intégrer ce nouveau régime dans vos vies sans imposer à tes parents plus de travail en cuisine. Prends des initiatives, cuisine avec eux, explique leur comment ça va se passer, rassure les. S’ils ont peur pour ta santé, que tu ais des carences etc. n’hésite à en parler à ton médecin pour qu’il les rassure. Tu peux aussi leur faire lire cet article! 

Retiens aussi que si tu fais le choix de conserver une alimentation omnivore normale rassure-toi, personne ne peut te blâmer. Le but n’est pas de culpabiliser les autres avec ses choix de régime alimentaire mais bien de faire ce qui semble en accord avec ses propres idées tout en respectant celles des autres. Si tu veux devenir végétarienn·e ou végan·e c’est courageux de ta part mais c’est ton choix. Essaye de ne pas culpabiliser tes amis omnivores.

À l’inverse si tu es omnivore, pense quand même à tes amis végétarien·es ou végan·e si vous mangez ensemble. Si tu prépares un repas, prévoit au moins une version du repas qu’ils pourront manger. Montre leur que tu respectes leur choix et ne les fait pas se sentir comme des invités pénibles qui ne mangent rien. Préparer des légumes en plus d’une viande, voire même un repas végétarien n’est absolument pas compliqué ! Donc ce n’est pas la peine de leur rappeler qu’ils sortent de la “norme” majoritaire à chaque fois que vous passez à table. 

Et les régimes pour perdre du poids, on en parle pas? 

Les régimes minceurs sont un sujet si important et si large qu’ils feront l’objet d’un  prochain article !

La team Brio ados

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