revenge porn brio ados
Définitions R

Revenge porn

nom anglais, fait de partager, sans son accord, des photos ou vidéos d’une personne dénudée dans le but de se venger. Il s’agit souvent de contenu sexuellement explicite. En France, c’est un délit passible de prison.

Ça se traduit comment dans la vraie vie ?

Le terme revenge porn désigne à l’origine le fait d’envoyer des images de son ex nu·e après une rupture, pour lui faire du mal et se venger. Aujourd’hui, l’expression revenge porn est utilisée pour parler de la pratique qui consiste à diffuser publiquement des nudes ou images pornographiques de quelqu’un·e, sans son consentement, pour l’humilier.

Attention, il ne s’agit pas de faire tourner des images pornographiques (professionnelles ou amateurs) destinées à être vues par un public.

On parle de rendre publiques, sans son accord, des photos ou vidéos à caractère sexuel ou érotique :

  • envoyées en privé par un·e ex/crush/copain·ine qui s’est mis en scène,
  • prises à l’insu d’un·e ex/crush/copain·ine,
  • photographiées ou filmées avec un·e ex/crush/copain·ine qui était d’accord pour produire un contenu qui reste entre vous, et/ou
  • relayées par des personnes à qui le contenu n’était pas destiné. 

Rendre public ça inclut: montrer à un·e ou des ami·es, envoyer dans un groupe d’ami·es, envoyer à un site, poster sur les réseaux, envoyer à un compte sur un réseau social. Dès lors qu’une image a été dévoilée, sans le consentement de la personne représentée, à au moins une personne autre que celle qui elle était destinée, on considère qu’elle a été rendue publique et l’infraction est constituée (ce qui veut dire que la personne risque une sanction pénale).. 

C’est un phénomène dont les femmes et les filles sont les principales victimes, c’est une forme poussée du slut-shaming. 

Ces images sont souvent partagées sur des réseaux sociaux pour être largement distribuées, parfois avec les coordonnées des victimes. Il existe aujourd’hui des comptes Snapchat, Telegram ou Instagram dont le but est de collecter le maximum d’images de ce type, ce sont des comptes « fisha » (qui affichent). 

Pourquoi c’est mal ?

Si quelqu’un·e t’envoie une photo ou une vidéo dénudé·e, alors cette personne ne voulait te la montrer qu’à toi. Elle t’a fait assez confiance pour dévoiler une partie intime d’elle. Même si votre histoire se finit mal, tu n’as pas à trahir cette confiance. Si tu cherches du contenu pour te masturber, tu sais où en trouver légalement. Le revenge porn n’a rien à voir avec le plaisir érotique, il tient plus de l’humiliation, du cyber-harcèlement et (souvent) du sexisme.

Partager et regarder ce genre de contenu c’est participer à l’image avilissante du sexe. C’est considérer que le sexe est quelque chose qui ne se fait pas dans le respect de l’autre. Lorsque tu diffuses ces images et que tu identifies les personnes concernées, tu pousses au harcèlement. 

Pourquoi c’est grave ?

Les images considérées comme étant “à caractère pronographique” de mineur·es de moins de 15 ans sont de la pédopornographie aux yeux de la loi. C’est interdit d’en posséder même si tu es aussi mineur·e (au passage c’est également interdit d’en envoyer de toi si tu as moins de 15 ans, voir Nude).
Aujourd’hui, la loi française n’interdit pas les mineur·es de plus de 15 ans de s’échanger leurs propres photos avec leur consentement. Mais la détention de d’images pornographiques figurant des mineur·es est passible de 2 ans de prison et de 30 000 euros d’amende, même si tu es toi-même mineur·e. La législation est en revanche plus floue sur ce que définit un contenu pornographique.


Par contre, le code pénal est formel concernant l’interdiction de diffuser publiquement des images pornographiques ou érotiques sans consentement.
Le revenge porn peut engendrer une peine de 2 ans de prison et 60 000 euros d’amende. La peine peut aller jusqu’à 5 ans et 75 000 euros pour du contenu concernant une·e mineur·e.

Lorsque tu diffuses ces images, c’est une atteinte à la vie privée d’autrui et c’est illégal. Quand tu identifies une personne avec ses coordonnées, tu rends possible son harcèlement. Les conséquences du revenge porn peuvent être très lourdes psychologiquement et socialement pour les victimes. Le revenge porn a déjà été la cause de plusieurs suicides en France. 

Si tu rencontres un de ses comptes :

Ne regarde pas le contenu, ne les alimente surtout pas et si tu peux, signale-le.

Si tu es victime ou que tu en connais une: 

Sache que la victime n’est jamais en tort, et que ce n’est pas à elle d’avoir honte.

Tu peux : 

  • Signaler les comptes Snapchat, Telegram, Instagram, etc. en cause 
  • Demander conseille sur le tchat Commentonsaime
  • Dénoncer le contenu sur www.internet-signalement.gouv.fr
  • Signaler à la gendarmerie Brigade Numérique (chat ouvert 24H/24)
    et porter plainte. Rassemble un maximum de preuve comme des captures d’écran, des messages de menace. Prends des notes : contexte, date de publication, date d’envoi des contenus (de ta part), sur quel réseau, etc..
  • Contacter les comptes Instagram @stop.fisha et @jeporteplainte
  • En parler à une personne de confiance pour ne pas rester seul·e.
    Si ça arrive à l’école, parles-en à un membre de la communauté éducative (CPE, infirmière, professeur(e)…) ou au chef d’établissement
  • Signaler les sites et les profils en cause ici : www.pointdecontact.net ou www.internet-signalement.gouv.fr 

On espère que ça ne te t’arrivera jamais, et que tu as maintenant les clefs pour lutter contre. 

Merci à Clara Perrard, avocate au barreau de Paris et New York, pour la relecture.

La team Brio ados

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