Slut shaming - de pute à nonne
Définitions S

Slut-shaming

Slut-shaming : mot anglais, contraction de slut = salope et shame = honte que l’on peut traduire par « couvrir de honte les salopes ».

Concrètement c’est quoi ?

C’est le fait d’humilier, de rabaisser, de culpabiliser une femme dont les comportements ou l’apparence sont jugés trop provocants ou trop ouvertement sexuels. Les critiques peuvent porter sur la vie sexuelle de la personne, ses vêtements, son maquillage, son attitude générale…

Le slut-shaming peut venir de n’importe qui, dans la sphère privée comme dans la sphère publique. Il entretient l’idée que le sexe est dégradant pour les femmes, qu’elles ne sont pas autorisées à avoir des désirs sexuels ou à prendre du plaisir à avoir une sexualité épanouie.

Le slut-shaming s’adresse parfois également aux personnes homosexuelles et transgenres.

D’où ça vient ?

Le slut-shaming est un concept proposé par des féministes canadiennes et américaines. L’expression est très utilisée aux États-Unis et en Angleterre et se répand progressivement en France. Les féministes mettent en avant le fait qu’il n’existe pas d’équivalent masculin. En effet, les termes associés à une sexualité libre chez l’homme sont connotés positivement (homme à femme, Don Juan…). Ce concept fait donc apparaître une inégalité entre les hommes et les femmes en ce qui concerne la libre expression de la sexualité.

Le slut-shaming va bien plus loin puisqu’il est souvent utilisé pour blâmer les victimes de viols en les accusant d’avoir provoqué l’agression avec leur vêtements (une jupe trop courte, un décolleté…).

Au quotidien ça donne quoi ?

Le slut-shaming est très présent dans la vie de tous les jours : quand on traite une fille de pute parce qu’elle drague des garçons et/ou qu’elle couche avec, quand on l’insulte de salope parce qu’elle porte un décolleté, des talons, une mini jupe, parce qu’elle boit de l’alcool…

À l’inverse, certaines filles sont critiquées car elles sont jugées « trop prudes », elles ne portent pas des tenues « assez féminines », elles ne se maquillent pas. (On a tou·tes déjà entendu la fameuse phrase « elle pourrait être vraiment jolie si elle prenait soin d’elle »). On oublie alors une fois de plus la liberté des femmes de s’habiller et se comporter comme elles le souhaitent.

🖍️ Pernelle Marchand

La team Brio ados

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